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Demain, tous colocataires?

Demain, tous colocataires?

À Bruxelles comme dans de nombreuses autres métropoles belges, européennes et mondiales, la colocation séduit de plus en plus. Mais alors qu’elle rencontrait autrefois un certain succès auprès des étudiants, cette forme d’habitat attire désormais les seniors, jeunes travailleurs voire célibataires de tout âge... startups, cadre en déplacement, petites et moyennes entreprises. Si le concept a été savamment marketé et remis au goût du jour, la colocation n’est pourtant pas un concept nouveau. Toutefois, ce qu’on appelle désormais, “le coliving” est venu apporter un vent de fraîcheur à ce phénomène popularisé dans les années 90.

Sources : So Soir , Trends Tendances, Libre Immo , Libre Immo, DH

Surfant sur la vague de l’économie de partage et de l’hyperconnectivité, nombreuses sont les startups à lancer divers concepts de colocation, cohousing et coliving. Mais de quoi s’agit-il exactement ? Concept né à San Francisco, le coliving est un nouveau mode de vie hybride, une sorte de colocation en formule all inclusive. En plus de bénéficier d’un espace privatif et de parties communes, les colocataires jouissent d’un ameublement complet, de tous les équipements nécessaires ainsi que d’une série de services personnalisés à la carte qui s’inspirent du monde hôtelier.

La colocation : des avantages multiples

Diminution de l’espace disponible et donc de l’offre, augmentation du prix des loyers, sentiment d’isolement,... les facteurs qui poussent les personnes à faire le choix de la colocation sont nombreux.

À commencer par les économies: l'accessibilité financière de ce nouveau type de propriété est un atout de taille, surtout dans les villes réputées très chères comme New York, Londres, Paris ou Amsterdam. C’est, sans surprise, dans ces villes, que sont nées les premières initiatives de co-living, pour répondre à la demande de formes d'habitat plus abordables. En effet, qui dit colocataires dit partage des montants à payer (loyer, charges) entre les différents résidents. Vivre à plusieurs permettrait ainsi de faire des économies de 25 à 45% sur le budget du loyer. En outre, grâce à l’économie du partage, la génération du millénaire, particulièrement exigeante, se voit proposer quantité de services (conciergerie, pressing, ménage, car-sharing, livraison des courses) et d’espaces communs agréablement aménagés (salon, rooftop, buanderie, salle de sport ou de cinéma, etc.), qu’elle n’aurait pu s’offrir autrement. En effet, bien qu’elles soient meilleur marché qu’un appartement “classique”, ces colocation 2.0 ne lésinent pas sur le standing du mobilier et finitions.

Cette tendance grandissante s’explique également par l’envie de flexibilité et de mobilité des Millenials -comprenez les personnes nées entre 1980 et l'an 2000- qui préfèrent aujourd’hui l’accès à un service plutôt qu’à la propriété, la flexibilité de la location à la stabilité de l’achat.

Par ailleurs, dans les villes particulièrement, la pression sur les espaces disponibles ne cesse de s'accroître. En réaction, on observe d’une part un phénomène de gentrification et d’autre part un intérêt croissant pour le partage ou l'optimisation de l'immobilier existant. Si les baby-boomers et la génération X sont prêt à faire de nombreux kilomètres pour plus d’intimité, pas question pour les Millenials de perdre du temps dans les embouteillages. Grands nombres d’entre eux sont prêts à abandonner les quartiers résidentiels contre un logement à un jet de pierre de leur lieu de travail et des facilités urbaines. Cela s’observe d’ailleurs depuis quelques années avec un retour dans les villes des nouvelles génération de propriétaires.

Enfin, cette solution répond parfaitement à une demande de convivialité et d’intimité des colocataires de demain. En effet, si la compagnie et le partage sont des aspects qui vont pousser toute une catégorie de personnes à cohabiter - dont les seniors, les personnes vivant seules ou encore les jeunes travailleurs, il n’en reste pas moins que l’intimité reste un must, voire même un impératif pour grand nombre d’entre eux.  Si le but est de créer un sentiment d’appartenance à une communauté, dont la génération du millénaire est demandeuse, il ressort toutefois d’un sondage réalisé par Upgrade Estate que moins d’un jeune sur 5 est favorable au cohousing pur et dur. Le jeune qui commence sa vie professionnelle veut du même coup accéder à une qualité de logement et de vie supérieure, ce qui implique notamment plus d’intimité. Si les espaces communs constituent un plus, les colocataires de demain souhaitent malgré tout des espaces totalement privés: le partage de l’espace doit être un choix, pas une obligation, indique Upgrade Estate.


Pour les uns un concept révolutionnaire, qui remettrait en question la façon de voir l’immobilier à l’avenir… pour d’autres un phénomène de mode. En effet, le concept n'a rien de bien neuf. La jouissance d'un bien immobilier sans le posséder porte un nom: la location. Quant au partage d'espaces et d'installations communes, rien de nouveau sous le soleil: dans des segments immobiliers aussi spécifiques que le logement étudiant ou senior, le partage des installations est désormais la règle plutôt que l'exception.

Alors… Beaucoup de bruit pour pas grand-chose ? C'est un peu réducteur puisque la grande différence entre les anciennes formules de partage et l'économie collaborative d'aujourd'hui est l'avènement des plateformes en ligne. Encore une fois, les technologies ont permis de faire passer ce qui existait déjà à une vitesse supérieure. Grâce à celles-ci, le coût des transactions est réduit au strict minimum et celles-ci sont rendues beaucoup plus rapides, de même que les méthodes de réservation, de communication entre les acteurs ou la signature des contrats. Si la location classique peut, à certains moments, prendre du temps sur une plateforme en ligne, cela se résout en quelques clics. De plus, grâce au système d’évaluation, les sites web assurent aussi une plus grande transparence et permettent à l'offre et à la demande de facilement coïncider.


Une question générationnelle ?

Si le succès grandissant de ces initiatives peut largement être attribué aux Millennials, imputer son existant à cette génération uniquement serait réducteur. Les Boomers, nés entre 1946 et 1964, donnent vie à une version plus formelle des colocations et coopératives de leurs jeunesse. On retrouvera toutefois des légères différences entre les espaces de coliving destinés à chacune des générations... révélateurs des envies de chacun.


Ainsi, un élément majeur qu’on retrouve dans les espace de coliving des Boomers est l’absence de règles et d’autorité. Ceux-ci fuient, via le coliving, une vie excessivement oppressante et dictée par les règles. De l’autre côté de la balance, les espace de coliving des Millenials sont eux organisés par des “community managers” responsables de maintenir l’ordre, organiser des évènements fédérateurs et même résoudre les problème d’ordre technique ou social, à mi chemin entre le rôle d’un parent et celui d’un propriétaire. Si les Millenials n’attachent plus autant d’importance à la propriété, il en est de même pour leur indépendance, qu’ils cèdent volontiers contre une assistance plus importante.


Et à Bruxelles ?

Chez nous, parmi les startups à s’être spécialisées dans ce marché particulier, il existe Colive qui se propose de transformer des maisons unifamiliales en colocations soigneusement décorées. Cette startup n’est pas propriétaire des habitations mais agit en tant que gestionnaire pour le propriétaire des lieux. En cela, elle rejoint Cohabs, autre startup qui investit dans la création de maisons partagées à la décoration tendance. Elle s’est d’ailleurs associée à Lionel Jadot, architecte d’intérieur pour proposer des chambres et des espaces communs au look soigné. La Startup met également un point d’honneur à organiser des évènements fédérateurs, afin de dynamiser la cohésion du groupe. Enfin, toutes deux mettent à la disposition de leurs hôtes une application qui leur permet en temps réel d’accéder au profil numérique de la résidence, signaler des problème aux gestionnaires ou encore commander un service.

Enfin, Ikoab propose quant à elle à des investisseurs de leur dénicher des biens qu’elle transforme en colocations et assure la gestion locative de celle-ci, tout en leur garantissant un rendement entre 6% et 10% nets.



Quant aux promoteurs, ils sont déjà plusieurs à avoir franchi le cap et livrer des projets uniquement basés sur cette forme d’habitat particulière. C’est notamment le cas de Brussels projects et de son projet “Strelli” ou encore de “The Horizon” de Home Invest. A Anvers, le développeur Gands construit aux abords du parc Albert son premier site YUST, un concept d’habitation similaire.

En savoir plus: lisez notre article “Comment l’immobilier s’adapte à l’économie de partage ?


Et le coworking ?

Comme le coliving, le coworking propose aux indépendants, startup, employés ou cadres en déplacement voire même aux entreprises confirmées, des espaces dynamiques et ouverts, toujours en combinaison avec une série de services (catering, réceptionniste, community management, etc.) avec la possibilité de louer un bureau à la journée, au mois, à l’année... Une condition désormais nécessaire pour garder la main sur les travailleurs nomades et exigeants que sont les jeunes cerveaux des générations nées avec un smartphone greffé à la main et qui refusent de travailler là où le wifi est trop lent.

Flexibilité également dans les espaces loués: la plupart des opérateurs proposant aussi bien des places dans des espaces ouverts, dégageant de l'énergie à la fois propice à la créativité, à l'interactivité et à la détente, tout comme des bureaux fermés privatifs pour plus d’intimité.

Revers de la médaille, cette souplesse a un coût: les loyers demandés par les opérateurs de coworking sont plus élevés que ceux d’un bail traditionnel.


Parmi les acteurs clés de la stratosphère cowork, on retrouve à Bruxelles Space, Silver Square ou encore tout récemment le géant anversois Fosbury and Sons qui débarque sur la capitale.

Si ces espaces restent encore marginaux comparativement à l’ensemble du marché bruxellois (actuellement 1% des espaces de travail serait des coworks, si l’on tient compte des initiatives publiques, universitaires ou les projets de type incubateurs de startup), le secteur est en pleine croissance et les observateurs s'entendent pour dire, qu’au vu des transactions actuelles, le cap des 5% pourrait facilement être atteint dans les années à venir. C’est déjà le cas dans les métropoles voisines, notamment à Londres où le coworking occupe déjà entre 5 et 10% du stock.



Alors tentés ou pas ?

Comment l'immobilier s'adapte à l'économie de partage ?

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