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Comment l'immobilier s'adapte à l'économie de partage ?

Comment l'immobilier s'adapte à l'économie de partage ?

Avec l'engouement suscité par l'économie de partage, la possession d'un bien perd de son importance, particulièrement chez la jeune génération, qui plus est, est à la recherche de flexibilité et de mobilité. Un changement de valeurs qui a des répercussions sur le secteur immobilier dont le modèle de rentabilité classique est basé sur la propriété. Entre coworking, coliving, car ou house sharing, il est désormais clair que l’économie de partage prend de plus en plus de terrain et se diversifie pour répondre à une demande qui diverge par rapport à une offre parfois trop rigide.

Sources: Trends, Made Real Estate


En 2008, Airbnb, le désormais géant de l’hébergement court-terme à travers le monde, lance un pavé dans la mare du secteur de l'hôtellerie. Dix ans après sa création, le site compte plus d'un million et demi de logements, partout dans le monde et fait de l’ombre aux hôtels et locations meublées court-terme.
Six ans à peine après sa création, le site de location proposait déjà plus de chambres que le groupe Hilton. Il dépasse désormais largement le plus gros groupe mondial: Marriott.

Pour l’anecdote, l’entreprise a été montée par 3 jeunes Américains. L’idée survient à l’occasion d’une conférence se tenant à San Francisco, leur ville natale. Tous les hôtels étant complets, ils flairent la poule aux oeufs d’or en proposant aux participants de profiter d’un matelas dans leur appartement, d’où le nom “air bed and breakfast”, comprenez matelas pneumatique et petit déjeuner.

Parallèlement, inspiré des offres déployées aux Etats-Unis (WeLive) et au Royaume-Uni (The Collective), le coliving est en passe de s'imposer dans le paysage immobilier belge. Cette forme d'habitat communautaire entend réunir les atouts de la colocation, des résidences étudiantes et de l'hôtellerie. Au sein d'un immeuble aménagé en ce sens, les habitants disposent d’un espace privatif, intégré au sein d'un ensemble d’espaces domestiques communs, allant de la buanderie, à la cuisine ou au salon… voire même au rooftop, salle de cinéma ou de sport.

En savoir plus: lisez notre article sur le coliving “Demain tous colocataires

Enfin, le secteur immobilier retail n’est pas en reste avec les formules du même type. Leur promesse ? Un espace de travail flexible, allant de la journée à l’année, avec l’accès à différents services et différents espaces, à la carte, selon les moyens de chacun.

Ces plateformes ne se contentent pas de faire concorder l'offre et la demande: elles créent une nouvelle offre ou font en sorte qu'un bien improductif ou sous-utilisé génère malgré tout des revenus pour son propriétaire. L'exemple le plus connu est évidemment Airbnb, qui a permis au propriétaire d'un logement idéalement situé d'un point de vue touristique de gagner de l'argent grâce à son bien (momentanément) inoccupé. Ce modèle a fait des émules dans d'autres segments immobiliers. Sur le marché du commerce de détail, les Pop-up Stores qui fleurissent de plus en plus, bénéficient d’un loyer attractif, pour occuper un endroit pendant une courte durée, entre la fin de bail de l’un et l’installation d’une nouvelle enseigne. La société américaine Liquidspace facilite la mise à disposition à court terme de bureaux et de salles de réunion inoccupés, avec un maximum de flexibilité. À Bruxelles, BePark, propose de mettre à disposition des automobilistes des parkings sous-exploités, dans des immeubles de bureaux ou des hôtels par exemple. Enfin, l’application Pasha s’est lancée dans le marché du stationnement en proposant aux particuliers de mettre en location l’espace devant leur porte de garage. En quelques clics, une carte géolocalisée s’affiche et l’automobiliste peut voir en temps réel les places qui sont disponibles dans son environnement proche et s’y parker.


Face à l’intérêt de nouveaux publics pour la colocation, promoteurs immobiliers et startups y ont vu un coup à jouer. Surfant sur la vague de l’économie de partage et de l’hyperconnectivité, nombreuses sont celles à avoir lancé des plateformes en ligne qui proposent des offres de colocations et de coliving. C’est ainsi que, selon l'Emerging Trends Report 2017 de PwC et Urban Land Institute, l'économie de partage constitue un des défis majeurs, voire une possible menace pour le secteur immobilier. Celle-ci privilégie l'usage plutôt que la possession et aurait  « le pouvoir de perturber une industrie basée sur le concept de propriété ». Par ailleurs, le rapport met en avant l'énorme potentiel de l'économie de partage: d'ici à 2025, elle pourrait générer annuellement plus de 500 milliards d'euros en transactions. Le succès des initiatives américaines telles que WeWork et Airbnb illustre les nombreuses opportunités des activités liées à l'immobilier.


Vers la fin de la promotion immobilière classique ?

Si les observateurs s’accordent pour affirmer que l'économie de partage dans l'immobilier tient davantage du service que du produit, ils sont également plusieurs à anticiper la mort de la promotion immobilière classique. L’immobilier évoluant constamment selon notre mode de vie et de consommation, les acteurs ont tout intérêt à prendre en compte l’essor du co-living. Autrement dit, on s’éloigne de la stratégie classique des promoteurs immobiliers qui consiste à construire, vendre et recommencer ailleurs, pour offrir plus de suivi, de gestion et une approche orientée service. Et cela commence dès le début de la customer journey: l'acte d'achat doit à tout prix être vécu comme une expérience positive, réalisée le plus facilement et rapidement possible, au moyen de démarche simple, claire et accessible à tous et à tout moment, pour séduire les Millenials.

Ce glissement vers l'immobilier-service a aussi pour effet de saper les modèles traditionnels de rentabilité, liés à la possession de bien(s) d’investissement. Les utilisateurs finaux ne voyant plus l'utilité de contracter un bail de longue durée, ces types de contrat sont petits à petit remplacés par d'autres modèles d'indemnisation plus flexibles comme la cotisation ou la formule d'abonnement. L'immobilier ne serait donc plus aussi ... immobile. Propriétaires et investisseurs immobiliers vont devoir s'y faire, eux pour qui le principal attrait de l'immobilier réside précisément dans la propriété qui génère un cash-flow prévisible par le biais de revenus locatifs garantis…

Qu’ils se rassurent toutefois: la flexibilité a un prix. Si les Millenials se montrent plus exigeants, ils sont alors enclins à mettre un prix plus élevé pour ce service: une rentabilité certes plus fluctuante mais aussi plus rémunératrice. La colocation permet aux investisseurs de monnayer leurs biens plus cher au mètre carré et d’obtenir ainsi des rendements bien plus attractifs que s’ils les louaient à des familles, par exemple. Avec toute une série de services sur-mesure et adaptés au lieu de vie et à ses habitants, c’est là que l’enjeu de la gestion locative prend tout son sens. Il faut s’adapter à une nouvelle génération de l’immobilier et comme tout modèle, c’est à celui qui prendra le risque qui se verra récompensé.

Qu’ils se rassurent toutefois: la flexibilité a un prix. Si les Millenials se montrent plus exigeants, ils sont alors enclins à mettre un prix plus élevé pour ce service: une rentabilité certes plus fluctuante mais aussi plus rémunératrice

En outre si ce modèle peut séduire certains, il ne s’agit encore que de produit de niche par rapport à l’ensemble du secteur locatif. Hormis le phénomène de coworking et le succès mondial d'Airbnb, la plupart des concepts de partage dans la sphère immobilière dépasse rarement les frontières du marché local. S’ils n’arrivent pas (encore) à s'imposer en Belgique, c’est parce que le propre d’une plateformes en ligne, c’est qu’elle doit pouvoir toucher un public suffisamment large: masse critique et échelle suffisante sont des conditions sine qua non à l'exploitation rentable des services communs et des installations de coworking ou coliving. Une tendance bien plus aisée à implémenter aux Etats-Unis qu’en Europe, où les plateformes doivent être adaptées à chaque législation nationale.


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