Ce n’est évidemment une surprise pour personne. La crise sanitaire que nous vivons fait plonger le marché de l’immobilier comme le confirme le baromètre des notaires, publié tout début avril.

Source: Le Soir, Immovlan, Immoweb et L'Echo

« L’activité immobilière a ralenti en Belgique durant les trois premiers mois de l’année 2020. En comparaison avec la même période en 2019, le nombre de transactions immobilières a chuté de -7,9% entre le 1er janvier et le 29 mars. Une réalité rencontrée dans les 3 Régions mais avec une intensité différente : -10% en Flandre, -0,7% à Bruxelles et -5,4% en Wallonie. » Ces chiffres, les notaires l'expliquent, notamment, par le confinement lié au Coronavirus.

En effet, depuis le début du confinement, les visites de logements sont annulées, les agences immobilières ont fermé leurs portes et les études de notaires tournent au ralenti. Le ralentissement est donc certain, mais on a aujourd’hui une idée un peu plus précise de son ampleur.

Toujours d’après le dernier baromètre des Notaires, publié tout début avril, le nombre de transactions immobilières a chuté d’un peu plus de 27 % la semaine du 16 mars (celle de l’annonce du confinement) et de 39,3 % durant celle du 23 mars. Renaud Grégoire, porte parole de la Fédération Royale du Notariat, indique en outre que pour la première quinzaine d'avril cette baisse d’activité dépassera au minimum les 50% par rapport à 2019 !


Pourquoi le ralentissement s’accentue t-il encore ?

Les chiffres se basent en grande partie sur les nouveaux dossiers immobiliers. En mars, il y avait encore des propriété qui rentraient sur le marché: les visites de la première quinzaine se concrétisaient en offre, qui étaient à leur tout acceptées, etc. Ces deux dernières semaine, par contre, n’a pratiquement vu de nouveaux dossier apparaitre sur les plateformes (en tout cas au niveau professionnel et rares sont les particuliers qui mettent leur maison en vente actuellement).

Cs chiffres devraient donc rapidement arriver autour des 0 %, puisqu’aller visiter un bien n’est pas une raison valable pour sortir de chez soi et -en outre- personne ne peut plus vous le faire visiter. L’activité immobilière devrait s’arrêter totalement d’ici quelques jours. Du jamais vu !

Même son de cloche chez Immoweb, où le CEO indique une baisse d’activité d’une hauteur de 90% pour l’instant, avec le nombre de nouvelles annonces qui a chuté de deux tiers ces derniers jours.


Que peut-on attendre de la reprise ?

Que va-t-il se passer lorsque le déconfinement va débuter ? Les spécialistes du secteur anticipent un rebond. « Le recul de l’activité lié aux mesures de confinement laissera vraisemblablement la place à une reprise importante », prédit le porte parole des notaires. Par là, les notaires indiquent la conclusion de toutes les transactions en cours ou prévues avant le début du confinement.

Pour la suite, les choses sont plus confuses, car la crise sanitaire s’ensuit d’une crise économique. Certaines personnes seront très pressées de vendre, parce qu’elles seront dans une situation financière compliquée, tandis que d’autres vont -au contraire- postposer leur projet de vente, ce qui devrait, l’un dans l’autre, s’équilibrer.

Le long terme est tout aussi incertain, et le restera tant que la situation de reprise économique reste floue. Plusieurs point d’interrogations doivent être confirmés pour permettre d’avoir une vision plus claire quant à le reprise du secteur:
- La première concerne les propriétaires-habitants, ceux qui achètent pour vivre dans leur bien. Auront-ils les revenus suffisants pour emprunter ce qu’ils avaient l’intention d’emprunter avant la crise ?
- Concernant les investisseurs, qui étaient jusqu’à présent un des gros moteurs du marché immobilier ces deux dernières années, leur intérêt pour le secteur sera t-il toujours aussi important ?

Tout dépendra évidemment de la profondeur et de la longueur de la crise, mais les experts s’accordent pour dire que quelle que soit la durée de la crise, il sera difficile que les derniers trimestres de 2020 réussissent à compenser cette quasi-inactivité.


Quel impact sur les prix ?

Une étude menée aux État Unis par Zillow, une immense plateforme d’annonces immobilières, tente de déterminer les conséquences sur les prix de l'immobilier. Pour prédire les impacts de la crise, l'étude se réfère à ceux obtenus lors de la grippe espagnole de 1919 et du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2003. Dans les deux cas, les effets sur le PIB furent terribles, mais le retour à la normale fût tout aussi rapide.

"L’étude cite ainsi le cas d’Hong-Kong qui, en 2003, lorsqu’elle est fût fouettée par l’épidémie de SRAS, a vu le volume de transactions immobilières baisser de 33 à 72 %. Toutefois, à la fin de l’épidémie, tant le nombre de transactions que les prix sont revenus à leurs niveaux habituels. En Chine, alors que l’économie se réveille petit-à-petit, la tendance semble identique : quasiment aucune vente, mais des prix stables… " indique Immovlan sur leur site.

Retour en Belgique. L'Echo indique que côté prix, pour la première fois depuis 2015, le prix moyen d’une maison diminue légèrement (-0,4%) sur base trimestrielle. Toutefois, les professionnels du secteurs présagent une augmentation de la demande pour ce type de biens à la sortie du confinement: certaines familles supportant mal pour l’instant la promiscuité en appartement et en ville. Le prix moyen pourrait donc repartir à la hausse.
À l’inverse, le prix moyen de l’appartement a pour sa part encore gonflé de plus de 5%. C’est la plus forte hausse enregistrée depuis 10 ans. Toutefois, il y a fort à parier que le besoin urgent de trésorerie des uns et de liquidités des autres poussera les promoteurs et propriétaires à revoir leurs prix à la baisse. À nouveau, la décote dépendra de la durée du confinement.

Des conclusions qui sont évidemment à prendre avec des pincettes, toutes restant encore des hypothèses à ce stade.

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