À partir de ce 1er juin, il y a du neuf pour les candidats rénovateurs au sud du pays. Le système de primes pour la rénovation et l’isolation change en Wallonie. Le nombre et la nature des primes restent globalement les mêmes. Par contre, la procédure pour les obtenir est totalement revue. Il faut dire que l’ancien système, trop compliqué et trop chiche, n’attirait plus. On note aussi la fin du plafond salarial : tout le monde aura désormais accès aux primes -même les propriétaires mettant leur bien en location. Alors quelles implications pour vous ? Voici ce qu’il faut retenir.

  1. Le principe ? Au cœur du nouveau modèle : l'audit énergétique. Demain, en Wallonie, il faudra avant tout réaliser un diagnostique énergétique de sa demeure pour obtenir une prime. L’auditeur agréé aura la lourde tâche de prioritiser les travaux à réaliser. Il conseille le ménage, calcule les économies d’énergie potentielles et l’accompagne durant toute la procédure. Pour bénéficier des primes en question, il faudra suivre le rapport d’audit de cet expert, et faire les travaux dans l’ordre préconisé. Sinon, c’est fichu. L'objectif étant évidemment de réaliser de travaux sensés et dans le bon ordre, éviter par exemple d'octroyer une prime d’isolation de toiture, lorsque le toit est vétuste et devrait être remplacé. «Les travaux ne peuvent se faire que s’ils sont utiles dans la maison, d’un point de vue de l’efficacité énergétique» indique à cet égard le ministre Crucke.
    Coût de cet audit ? environ 700 euros... pour lequel une prime peut être sollicité, variant de 110 à 600 euros, selon les revenus (voir plus bas).
  2. Quels logements visés ? Le nouveau système de primes est valable pour les maisons et les appartements qui ont au moins 15 ans d’âge, auparavant, c’était 20 ans. Les bâtiments dont l’affectation change sont eux aussi éligibles, telle une grange transformée en logement. Il faura ici aussi respecter les 15 ans.
  3. Quand ? Cette réforme qui avait été présentée pour la première fois en juillet 2018 est désormais actée et son entrée en vigueur est fixée au 1er juin 2019.
  4. Comment ? Jusqu'à présent, il existait deux procédures distinctes. L’une pour obtenir une prime « rénovation » (isoler son toit par exemple). Et l’autre pour une prime « énergie » (se doter d’un nouvel appareil de chauffage par exemple). Les deux ont été jugées trop longues et complexes, il n’y en a plus qu’une et le modus operandi est désormais le suivant: juste après la réalisation de cet audit, la première demande de prime est à introduire auprès de l’administration wallonne. Que ce soit pour des travaux d’isolation ou de rénovation, il n’y aura désormais plus qu’un seul guichet. La première prime à réclamer sera donc la prime « audit » (entre 110 et 660 euros par ménage, selon les revenus). Ceci permet d’ouvrir le dossier, auquel l’audit est joint. Les autres primes dûes suivront, au fur et à mesure de la réalisation des travaux. Ces primes seront versées dès que l’auditeur aura transmis son rapport de suivi à l’administration, certifiant que les travaux recommandés ont bien été réalisés.
  5. Pour qui ? Autre grande nouveauté : tout le monde peut désormais avoir accès aux primes. Alors que dans la version actuelle, les propriétaires bailleurs et les ménages à hauts revenus n’y avaient pas droit. Le gouvernement wallon crée aujourd’hui cinq catégories de revenus (voir tableau ci-dessous). La première concerne les ménages gagnant moins de 23.000 euros par an. La cinquième et dernière ceux qui touchent plus de 97.700 euros par an. Les ménages au plus haut revenus auront droit à la prime de base. Pour les catégories inférieures, moins aisées, ce montant sera multiplié par un facteur allant de 2 à 6.
    Exemple: Le montant de base pour la prime de réalisation d’un audit est de 110 euros. Mais il peut être multiplié par six (donc 660 euros) pour les ménages qui gagnent moins de 23.000 euros par an.

    Les propriétaires pourront également bénéficier des mêmes primes pour une maison qu’ils mettent en location. Ce qui permettra à leur locataire de réduire sa consommation. Mais il y a un « si » (il y en a toujours) ce propriétaire-bailleur n’obtiendra la prime que s’il respecte la grille indicative des loyers, établie par la Région.
  6. Quoi ? L'ensemble des primes et le montant octroyé peuvent être consulté sur le fiche suivante. Certaines différences par rapport à l'ancien régime peuvent être relevées, notamment la suppression des primes pour les chaudières à condensation au gaz afin de privilégier les appareils plus écologiques comme les pompes à chaleur ou les chauffe-eau solaires. En termes de nouveautés, 6 nouvelles primes font leur apparition: le revitrage sur un châssis existants, l’amélioration du système de chauffage, le poêle local à la biomasse, la combinaison d’un chauffage biomasse et d’un chauffe-eau solaire et enfin la ventilation mécanique contrôlée (VMC) simple et double flux.
  7. Combien ? Pour les primes au logement, les montants restent identiques aux anciennes valeurs. En revanche, côté isolation, la logique est complètement chamboulée. Pour l’isolation du toit, par exemple, le montant de la prime était jusqu'à présent proportionnel à la surface de la toiture à isoler. À partir du 1er juin, le montant de base dépendra du nombre de kWh économisés grâce aux travaux. Plus l’investissement sera "efficace", énergétiquement parlant, plus il sera subsidié.
  8. Quel contrôle ? Avec ce nouveau système, l’auditeur hérite d’une lourde responsabilité. C’est lui qui définit les priorités pour le ménage. C’est lui qui fait le suivi. Et c’est également lui qui chiffre l’énergie économisée, pour chiffrer le montant de la prime. Ces auditeurs sont évidemment des professionnels du secteur (architectes, ingénieurs ou diplômé en science de l'environnement) qui devront être agréé par la région (et donc passer des examens). La région wallonne a également prévu comme garde fou, de contrôler, a posteriori, la pertinence et la fiabilité des dossiers reçus. Et peut, évidemment, refuser un dossier s’il respire l’arnaque.

Liste -non exhaustive- des primes énergétiques proposée par la région Wallonne

Pour rappel le montant indiqué est la prime de base, qu'il faudra multiplier de 1 à 6, selon les revenus du ménage (voir tableau suivant).

PRIME MONTANT DE BASE
Isolation des murs, du sol ou du toit ; remplacement des châssis ou revitrage ; amélioration du système de chauffage 0,1€ par kWh économisé
Remplacement de la toiture 6€ le m2
Renforcement ou adaptation de la charpente en vue de l’isolation 250€
Remplacement des gouttières 100€
Remplacement des menuiseries extérieures 20€ le m2
Assèchement des murs (infiltration) 5€ le m2
Assèchement des murs (humidité ascensionnelle) 6€ le m2
Renforcement des murs instables 8€ le m2
Remplacement des supports des hourdis ou du gîtage 5€ le m2
Travaux contre la mérule et autres champignons 250€
Travaux contre le radon 250€
Adaptation de l’installation électrique 200€
Pompe à chaleur pour le sanitaire 500€
Pompe à chaleur pour le chauffage 1000€
Chaudière à la biomasse (manuel ou automatique) 1000€
Poêle local à la biomasse 250€
Chauffe-eau solaire 750€
Ventilation mécanique simple flux 500€
Ventilation mécanique double flux 1200€

REVENU DU MÉNAGE COEFFICIENT
Inférieur à 23.000€/an prime de base *6
Entre 23.000 et 32.700€/an prime de base *4
Entre 32.700 et 43.200€ prime de base *3
Entre 43.200 et 97.700€ prime de base *2
Supérieur à 97.700€ prime de base *1

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